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TOWER POWER

 

Pour la première fois, Lor-K travaille en collaboration avec d’autres artistes. De cette rencontre artistique est née une série de cinq sculptures totémiques. Composées d’objets abandonnés dans la rue, chacune des pièces est co-signée par un artiste différent afin d'interroger la création à plusieurs, le territoire et les emblèmes consuméristes de nos sociétés. Chaque sculpture, de par ses matériaux, son esthétique, ses références et son emplacement, traduit un regard singulier sur la ville et permet d’engager une réflexion sur le statut de nos déchets et de la place de l’art dans la rue. Mené en immersion sur une durée de deux semaines au mois de juillet 2021, le projet se décline en trois phases : une semaine de recherches, une semaine d'actions, et enfin une phase de restitution qui permet la sortie d’un livre d’artiste en édition limité. Ce projet est né grâce à l’initiative et au soutien de la Fondation Desperados pour l’Art Urbain et la complicité dArtagon.

 

 

 1 PROJET      5 COLLABORATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

ÉDITION LIMITÉE

TOWER POWER

100 exemplaires

En vente ici

HOT SPOT

 

 COLLABORATION

Smith.367

 

La chaleur représente lun des enjeux majeurs de nos sociétés. Le réchauffement climatique est en lien direct avec nos manières de vivre et de consommer. Nos méthodes de productions excessives impactent notre environnement et complexifient les notions de revalorisation. Tous les objets représentent un coût énergétique dont nous payons inconsciemment le prix. Les couleurs visibles sur les déchets sont dictées par une caméra thermique et représentent la chaleur emmagasinée par chaque objet. Loutil numérique permet daccéder à une perception invisible à l’œil nu. À partir du smartphone, la photographie capturée devient modèle impressionniste. Par reproduction, la peinture se dessine en volume. Les couleurs peintes à la main font émerger du sol un dégradé multicolore et chatoyant. En fort contraste avec son contexte, le résultat attire notre regard par son esthétique criarde et surréaliste. Généralement inaccessible, une réalité scientifique devient soudainement perceptible, insufflant une nouvelle profondeur aux objets qui nous entourent.  

  

 

 

 

ECSTASY

 

COLLABORATION

Olga Shalashova 

 

Les appareils électroménagers sont omniprésents dans nos vies citadines. Pour optimiser les espaces, une place de choix leur est prédestinée dans tout lieu de vie. Tombés dans le banal, ils attirent peu l’attention si ce n’est pour leurs aspects fonctionnels. Concentrés technologiques à l'enveloppe hermétique, leurs consistances nous échappent bien souvent.Généralement scellés par des pas de vis spéciaux, il est rarissime d'en découvrir lintérieur. Une fois sur le bitume, ils sont considérés comme morts, défectueux, obsolètes. Abandonnés dans la rue, ils deviennent des encombrants indésirables. Seules quelques personnes les convoitent pour la revente de leurs matières premières. Objets à lallure froide et minimale, les appareils électroménagers sont en réalité une somme précise d’éléments minutieusement organisés. Étalée sur le mur, une télévision démembrée devient une composition picturale abstraite pleine de sensibilité. Une fois déboîtée, désossée, dévissée, l'inventaire méticuleux dévoile une autopsie sensible où lobjet laisse échapper son âme.

 

 

 

 

BABY RUN

 

COLLABORATION

Clément Pelisson

 

Terrain de jeu favori des rats urbains, les poubelles qui jonchent nos trottoirs font toute leur alimentation. En liberté rejetée, en cage chouchoutée, lespèce à l’état sauvage ne jouit pas des mêmes privilèges que son homologue domestiqué. Pour mettre en lumière nos rapports contradictoires au monde, la traditionnelle cage à rongeurs est parodiée. Les structures de jeux, imposées aux rongeurs dans leur cage, sont des lieux de vies lugubres et restreints où lexercice de notre pouvoir se joue. En véritable oppresseur, nous nous faisons maîtres et témoins de tous leurs moments de vie, même les plus intimes. Pour mettre en lumière ce rapport étrange aux animaux, des poubelles sont encagées dehors. La cage est traversée par une forme intestinale dont laccès est placé au niveau du sol. Matérialisant soudainement la notion de seuil, lintérieur opaque est conçu en accès libre. Remplie de poubelles, la structure se présente comme un refuge intimiste au service des animaux des villes. Entre mépris et affection, toute la dualité de nos perceptions transparait. 

 

 

 

 

DIRTY FREE

 

COLLABORATION

Quentin Dupuy 

Au supermarché, la gondole est le mobilier utilisé pour attirer notre attention sur les marchandises. Lefficacité du dispositif réside dans sa discrétion, son invisibilité, pour offrir tout lespace visuel au marketing produit et aux packagings. Constamment mis en scène, le meuble tel quel, pourtant familier et quotidien, échappe bien souvent à notre perception. Transposée seule dans lespace public, la gondole devient tout à coup visible. Clairement identifiable, sa fonction attise regards et convoitise. Sa représentation devient emblème de nos sociétés capitalistes. Les étagères, confectionnées en carton de récupération et habillées demballages en tout genre, exposent un ensemble manipulé de déchets trouvés sur place. Soumis aux regards et à l'évaluation des passants, la gondole devient lobjet d'une attention particulière où cherche à se fixer le désir. Les déchets transformés appâtent l’œil grâce à leur présentation improbable. Par cette apparition trompeuse, le caractère fabriqué, médiatisé et manipulé de notre rapport au monde à travers la consommation s’affiche clairement.

 

 

 

 

SCULPTURES

  

COLLABORATION

Gabriel Bercolano 

 

La roue, élément de base de nos moyens de transports, est omniprésente dans nos vies. Son évolution matérielle et ses déclinaisons à travers le temps, en font un objet technique indispensable. Sa représentation universelle est symbole de mobilité, d’évolution et dindépendance. Pourtant, son utilisation quotidienne nous est bien souvent insouciante. De cette utilisation massive, le constat est clair, six pneus arrivent en fin de course chaque seconde. Composés de matières toxiques et peu dégradables, leur recyclage est complexe. Sur le territoire surgissent des cimetières sauvages à la douce odeur caoutchouteuse. Dans ces zones, à labri des regards et intimement vastes, sempilent dinnombrables cadavres de pneus. Du paysage à labandon émerge une stèle éphémère noirâtre. Soigneusement choisis et empilés, une sélection de pneus est unifiée, maquillée, magnifiée. Jouant entre brillance et matité, une fois peints, ils retrouvent un éclat dorigine superficiel. Embaumés et disposés ainsi sur un piédestal, ils paraissent comme parachutés dans un contexte inapproprié.

 

 

 

 

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