FREEZE | LOR-K

 

Spécialement pour les Rencontres Urbaines de Nancy, Lor-K présente un projet artistique inédit.

 

Connue pour ses séries de sculptures de rue éphémères, elle condense pour la première fois son concept original pour nous offrir un one shot exclusif. De manière méticuleuse, organisée et précise, elle a parcouru la métropole en quête de sa matière de prédilection : les déchets !

 

Directement dans la rue, Lor-K érige des sculptures à partir de nos encombrants urbains. De ces actions, aux matières premières des plus modestes, émergent des métamorphoses surprenantes et atypiques ! Fascinée dès son plus jeune âge par la capacité de la photographie à immortaliser l’instant, elle développe une obsession pour la prise d’images de ses sculptures au devenir mystérieux. La conservation, la classification et la diffusion de ces visuels troublent alors les frontières entre archives documentaires, reproductions et œuvres d’art.

 

 

Du 2 avril au 31 août 2025

Musée des Beaux-Arts de Nancy

 

 

 

L’exposition FREEZE s’ouvre par une traversée des archives de l’artiste. Sur des étagères inspirées des réserves muséales, les projets urbains menés par Lor-K sur la dernière décennie, sont factuellement présentés par les contenants de leurs restes. Comme un seuil, ce premier espace, invite à découvrir la matérialité des archives, leur aspect tangible et leur mode de conservation. En rendant visible ce fonds, l’artiste propose au visiteur d’entrer dans son processus de création, de comprendre la continuité et l’ancrage de ses recherches à travers le temps.  

 

 

 

 

 

Un siècle après la Boîte-en-valise de Marcel Duchamp, Lor-K repose les questions qui taraudaient Dada, et qui irriguent aujourd'hui la pratique de l'art urbain : qu'est-ce qui fait oeuvre, l'artefact ou l'idée ? Et comment préserve-t-on les pensées ?

 

Lor-K nous invite à mettre le monde en boîte pour essayer de le comprendre.

 

 

 

 

Lor-K ramasse, glane, observe. Elle transforme, répare, photographie, et, surtout, conserve. Au coeur de sa pratique artistique se trouve en effet l'obsession de l'archive.

 

Toutes ses oeuvres se rangent dans des boîtes, dans lesquelles la documentation la plus diverse côtoie les tirages d'exposition, le mode d'emploi et de déploiement, et l'histoire des gestes physiques et intellectuels qui ont donné naissance à la pièce.

 

 

 

 

 

De la boîte au livre, il n'y a qu'un pas chez Lor-K. Comme la boîte, le livre doit être ouvert pour prendre tout son sens. Comme la boîte, le livre permet au processus artistique de se dérouler une nouvelle fois.

 

Comme la boîte, le livre est une capsule temporelle et mentale. Il invite à aller plus loin que la simple image, et nous convie à retracer le chemin de création.

 

 

 

De cette traversée rétrospective, on passe ensuite à l’espace centrale de l’exposition, entièrement dédié à FREEZE. Ici, l’artiste présente un projet inédit, figeant l’instant pour interroger la mémoire des objets et la tension entre disparition et permanence. Cette distinction entre l’entrée et l’espace principal marque le passage des archives et de leur stockage à l’expérience de leur déploiement.  

 

 

 

 

Derrière ce titre anglais, dont la première traduction serait « congeler » ou « se figer », se cache l’artiste Lor-K, qui nous propose de nous immobiliser un instant. Comme dans le freeze, mouvement du breakdance, geler tout mouvement est la condition pour comprendre le geste. Ici, il s’agit de regarder en face ce que nous nous cachons à nous-mêmes : nos déchets, et notre propre obsolescence.


Par l’entremise de la photographie et de l’archive, Lor-K nous invite à faire un arrêt sur image (autre manière de traduire freeze) pour nous familiariser avec tous ces visages de la mort industrielle que nous créons et qui nous entourent. L’artiste a même orchestré son propre enterrement, et fabriqué son cercueil : dans un frigo glané dans les encombrants, elle a trouvé sa dernière demeure, gage de résurrection post-congélation ?


Invitée par le musée des Beaux-arts à participer aux RUN en réalisant une oeuvre pour la collection ADN, Lor-K a tout d’abord réalisé une sculpture éphémère dans les rues nancéiennes, puis, comme à son habitude, poussé la réflexion plus loin et fait Œuvre. Ainsi, elle a conçu une installation qui se réincarne en dispositif d’exposition, puis en pièce de la collection permanente.


L’artiste relève ainsi le défi de l’éphémère. Interrogeant inlassablement la question de la trace, son travail se fait miroir de nos usages, et nous invite à prendre conscience de ce que nous gardons, de ce que nous jetons, de ce à quoi nous tenons.

 

Par le truchement du geste artistique, le déchet devient œuvre modulable.

FREEZE existe en tant que sculpture éphémère dans la rue, mais aussi en tant qu’image majestueuse et en tant que concept, dans la mise en boîte méticuleuse qu’opère Lor-K. Les multiples parties de l’objet final sont encapsulées dans un grand coffre. Il est autant un contenant pour transport qu’une sculpture en lui-même. A l’intérieur se trouvent tous les éléments de l’histoire, de la pré-conception à la fabrication. Il contient même les éléments nécessaires à sa restauration future... 

 

 

 

 

Une photographie, simple en apparence, est chez Lor-K le résultat d’un long processus d’élaboration : arpentage de la ville et repérage, documentation exploratoire, croquis, cartographie, prise de notes, référencement, fabrication…

 

Chaque pensée et chaque geste laissent une trace, que l’artiste conserve précieusement, puisqu’elles font partie de l’œuvre – puisqu’elles sont l’œuvre. Sa démarche est plus conceptuelle et poétique que sculpturale. Elle repose sur la capture de l’intangible : la pensée.